08 novembre 2008

chantier nuit et jour

Des rêves de cette nuit, je ne garde que les images des graines bleues, des graines rouges s'amoncelant, que j'extrayais, faisais couler hors de plantes sèches en les pressant dans mes mains, d'abord les bleues je crois puis les rouges et chaque fois me surprenaient leur couleur, leur taille et leur abondance aussi. Je les laissais s'épandre en tas sur le sol (et maintenant, en recopiant je vois le tas de terre et de cailloux qui monte, déversé par une machine sur le chantier), je les répandais en jonchées sur le sol parmi d'autres... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 14:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 novembre 2008

en parlant, en écrivant

Pendant qu'on déborde le cœur se réchauffe comme dans la casserole le lait. Le cœur enfin se donne librement. Il fait si froid dans le cœur lorsqu'on s'interdit de déborder.Les débordements ne sont sans doute pas bien accueillis : ce n'est pas ce qu'on voulait lorsqu'on vous a mis sur le feu. On voulait vous faire chauffer pour vous consommer. Tiède, ou un peu chaud, ou très chaud, mais sans vous permettre de déborder à temps. A temps pour vous. Il vous faut apprendre à déborder, non pas d'instinct, comme si vous étiez seul au monde –... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 12:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 novembre 2008

fenêtres

Ce que nous aimons tellement, nous le détruisons. C'est là que nous apaisons notre soif inextinguible. Ce que nous aimons tellement, nous n'avons de cesse de l'avoir capturé. C'est là que nous nous représentons le suprême aboutissement de l'amour. Puisque, pour nous, mourir est l'aboutissement de tout. Bien sûr c'est une erreur, mais tellement fascinante. (en écho à Too Banal, et ses ruines)
Posté par kelcun à 22:29 - Commentaires [5] - Permalien [#]
02 novembre 2008

gammes de l'artiste

voir et faire voirentendre et faire entendrepenser et faire pensersentir et faire sentirtoucher et laisser toucherimaginer et laisser imagineréveiller et laisser s'éveillerattendre et ne pas trop attendreentreprendre et ne pas trop entreprendreprendre et laisser prendre
Posté par kelcun à 22:20 - Commentaires [2] - Permalien [#]
20 octobre 2008

nuage volant

Tout en délicatesse, la musique des feuilles de maïs. Cherchant plus à dire qu'à écouter. Dans les mains du soleil comme ces maïs dans celles de l'air léger. Ou juste sentir. Arrêté sur le chemin au bord du champ dans une haute plantation verte drue comme des cannes ou des grands roseaux, caressée de soleil déclinant mais encore chaud et puissant. La musique douce à l'oreille comme le soleil à la peau. Animé de mon essentielle préoccupation de toujours : le dire et le sentir, sachant bien que ce moment, que cet acte ne sont essentiels... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 00:03 - Commentaires [3] - Permalien [#]
19 octobre 2008

musique

Je lis Jacques Brosse :Lorsqu'on a enfin compris que la vie n'était qu'un apprentissage, elle cesse d'être décevante. Mais un apprentissage de quoi ? Je le saurai peut-être un jour ; même si je le savais, je ne vous le dirais pas. Le TGV descend la vallée du Rhône sous un beau soleil. Le train emporte les voyageurs vers leur destination. J'aime être emporté comme la vie m'emporte. Le meilleur à écrire est ce que l'on ressent. Ce terme ressent est voisin du mot conscience. Il entretient avec lui une sorte de jeu, comme un... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 11:18 - Commentaires [1] - Permalien [#]

17 octobre 2008

travailler

Je ne suis que le centre vide d'un réseau de relations, familiales, amicales, ou hostiles. Le Je n'existe que par et pour les autres, l'interdépendance est réciproque et créatrice. Le monde naît de ma conscience, mais ma conscience naît du monde. Jacques Brosse, Le bonheur-du-jour, samedi 15 septembre. Je me dis que je vais noter cette note, qu'elle est mémorable. Je me dis que je suis un miroir, une éponge. J'absorbe et on pourra me presser.Parmi les sensations et les pensées qui m'avaient aussitôt gonflé à la lecture de ces phrases,... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 10:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
14 octobre 2008

écrire

Maintenant je ne peux plus. Je ne peux plus voir, toucher, aimer son sexe ouvert, son beau sexe charnu tiède soyeux ouvert, gonflant, palpitant, glissant. Prendre les lèvres dans mes lèvres, glisser ma langue, ouvrir la source, le trou, la corolle pulpeuse, faire monter la couleur, la tiédeur, la chaleur, la douceur, la moiteur, l'ampleur du plaisir, de la joie, du cri. Je ne peux plus lécher, voir, caresser et m'engloutir, m'enfouir, me donner, me damner en elle. Je ne peux plus. D'autres peuvent – ou en tous cas un autre – suis-je... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 13:06 - Commentaires [2] - Permalien [#]
06 octobre 2008

retrouvé

Son visage sur la photo retrouvée. Elle s'était glissée entre des documents empilés et elle m'est tombée sous la main par hasard. Ou plutôt je suis allé la chercher dans cette petite pochette de photographe qui n'était pas la sienne d'origine et dans laquelle je l'avais glissée, seule, mais pourquoi ? Y tenais-je donc ? Et ce qui me glisse maintenant dans l'estomac, dans le corps, c'est bien autre chose, que je ne voulais surtout plus ressentir – ou au contraire le voulais-je toujours ? Je suis comme un chien qui hurle à la nuit. Et... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 14:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 octobre 2008

aimer

Je n'aime plus spécialement les paysages de brume ensoleillés du matin.Très beau pourtant, celui-ci. Peut-être parce que le train va vers le nord, remonte la vallée du Rhône en direction de Lyon. Mais plus probablement parce que mon amour du paysage a changé. J'observe avec grand intérêt les subtiles couleurs, les variétés de formes, les lignes, les matières si perceptibles de végétaux, de terres, les couleurs du ciel, déjà très bleu côté ouest alors qu'à l'est le soleil éclatant pâlit tout l'espace autour de lui. Les jaunes de... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 23:35 - Commentaires [3] - Permalien [#]