26 mars 2009

une chance de rencontre

Le bruit du chantier m'envahit. A l'intérieur de la cuisine, à l'intérieur du bureau, à l'intérieur de la chambre. A l'intérieur de moi. Ça passe par le colimaçon de l'oreille. Par la spirale ouverte.Nous sommes à l'intérieur, comme à l'extérieur.Intérieur et extérieur nous sommes.J'attends avec impatience de supprimer "nous" de ma pensée. De l'être sans le penser. Qu'il soit le "nous" de l'extérieur – et non plus intérieur. Comme dans l'oreille interne le bruit ne se mêle pas à l'écoute qui le reçoit, le soleil... [Lire la suite]
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23 mars 2009

Je et Tu

Je lève les yeux d'un livre, surpris par l'étrangeté des signes. Malgré tout mon effort d'attention, la page s'était vidée. Vidée de la parole qui nous tenait ensemble. La parole avait déserté.Il ne restait que cet alignement de mots dont on se fascine et qu'on utilise pour fasciner l'autre.Les mots dansent au-dessus de quelque chose dont on est la proie fascinée.Parler pour convaincre, parler pour construire quelque chose de convaincant,construire quelque chose comme un cheminement qui conduise à une vérité,qui amène à ce qu'on croit... [Lire la suite]
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21 mars 2009

l'inconscient

Chaque oiseau ne fait le printemps qu'à sa porte"Le monde", pour lui, n'existe pas. Existe ce qu'il perçoit, ce dans quoi il interagit.Il ne dit jamais "nous"Pourtant il peut dire "je"Il peut dire je et tu. Nous est complètement inconscient, pour lui. C'est pour cela qu'on les voit passer en formation triangulaire qui s'étire dans le ciel ; chacun semble s'inscrire derrière son voisin, comme un enfant suit sa mère et ils vont, cahotant comme une longue famille à deux branches, derrière le premier qui... [Lire la suite]
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19 mars 2009

les carnets de bord

Au bord du lit, sur la table de chevetau bord du chemin, comme des jalons, des bornes en bordure de la vie, comme l'écume des vagues en bord de mer, le vrai plaisir, le débordementles excès, comme les cris dans la nuitle livre de bord, comme on se livre au bordcomme le marin, livré au bord, seul sous les étoiles, vigile, témoin du voyage démesuré qui emporte le mondeet pourtant, c'est notre seul témoin, c'est notre seule signaturec'est notre seul amile carnet de bord
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15 mars 2009

mots volés

Vous n'avez pas su le dire et je n'ai pas su l'entendre.Et pourtant vous l'avez dit et je l'ai entendu. Vous avez dû penser que je ne l'entendais pas, j'ai répondu un peu à côté ne pouvant qu'évincer votre propos – qui évinçait le mien.Quelques jours ont passé. Peut-être avez-vous cheminé vers ce monde différent que je portais, comme je me suis avancé vers le vôtre.Ce n'est pas que j'aie cherché à vous rejoindre, il m'importait trop de suivre mon chemin – mon chemin, c'était ma vérité d'être humain, parmi les humains, la comprendre,... [Lire la suite]
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05 mars 2009

forteresses

D'ici. Le centre. Pour d'autres ce sera la plage, le bord de l'océan, le centre sera la mouette qui vient de crier dans le ciel. Avec son apparition blanche dans le bleu du ciel, elle vient de se mettre au centre du monde, et de me le faire partager. Je crie, à ce moment-là, de son cri. Puisque je suis seul à l'entendre ainsi.Elle me crie aussi quelque chose, puisque je l'entends. Je fais partie de sa perception aussi, bien qu'elle ne définisse pas les choses à ma manière, n'ayant pas le même cerveau, la même vision, la même ouie.... [Lire la suite]
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28 février 2009

sous le ciel

Le maniement de l'écriture – le maniement du pinceau – des notes de musique aussi.La femme est un bout de bois.Tu veux donc la manier ?Non, je pensais qu'elle pousse en feuilles, en branches, en fruits.L'homme l'arrose, la soigne, la caresse, l'admire, l'écoute, elle pousse, elle lui donne des parfums, des fruits.Je discute avec mes amis de l'emploi d'un mot, de la chute d'une phrase, de la vibration d'une couleur, de la décomposition d'une forme, du temps d'une parole.Chaque mot n'est qu'un rêvecomme chaque couleuril y en a des... [Lire la suite]
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25 février 2009

prédateur innocent

J'évite de te rencontrer, j'évite de te voir.Je suis tellement loin de toi et en même temps proche à te dévorer. Il y avait – autrefois peut-être – un loup en moi. Je sens que ma poitrine en héberge encore un reste de voracité. Mais aussi tellement d'amour, c'est-à-dire qu'il y a aussi dans mon corps un reste de mère et d'enfant qui se rejoignent pour ce corps à corps nourricier. C'est ainsi que je suis au monde, lorsque dans les hanches en écrivant ce sont les collines ou les arbres ou la rivière que je sens. Je me sens couler et... [Lire la suite]
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18 février 2009

la maison incomplète

Enfin j'en ai par dessus la tête de tout ça. Des papiers partout comme branches et feuilles, des lits des fenêtres ouvertes à toute page. Enfin je construis ma maison pour mes soixante ans de vie. Enfin un vrai désordre sans crainte sans complexe. Ce sera une maison japonaise. Le panneau qui me servait de ciel de lit devient table de cuisine. Je peux enfin manger dans cette prairie, brouter le ciel des étoiles comme pourraient dire Chagall ou Rimbaud. Et même Apollinaire, ô tour Eiffel pour peu que coule la Seine. La planche de salut... [Lire la suite]
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13 février 2009

inter prêter

Rarement étymologie de bazar – comme j'aime appeler ces jeux que nous laissent faire les mots sur leurs histoires possibles – ne m'a aussi profondément plu lorsqu'elle m'a sauté de la tête.Du moins est-elle si bienvenue que je peux l'utiliser pour parler de mon travail en cours.Le dispositif est le suivant : Nous sommes deux, l'un parle, l'autre écoute ou peut-être n'écoute pas pour ne pas manquer d'être à l'écoute ; chacun des deux est en son lieu souverain – suffisamment près et pourtant si éloigné de l'autre ; entre eux un... [Lire la suite]
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