25 avril 2010

tu as écrit

Tu as parlé de toi. Et maintenant j'écoute une belle musique, comme une pluie qui tombe, comme une neige qui glisse et mes pensées se disséminent dans les tableaux qui m'entourent, dans l'air d'une nuit solaire fenêtres ouvertes.Une autre musique en est entrée, coule en fruits dans les bouches des dieux de jazz. La musique est chantante comme un langage.Je te prête les clés de la taverne et celles du théâtre en plein air et celles du temps pour en disposer. Ici tout s'éparpille, s'époumone pour des fleurs, pour des rêves, des pensées.... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 00:14 - Commentaires [7] - Permalien [#]

28 mars 2010

l'infante

Ce qui ne peut se dire, nous cherchons à le lire dans les choses, à l'écrire avec les choses, c'est pourquoi l'art, la photographie – un des plus simples – nous y aident.Ce qui ne se conçoit pas, ne s'énonce pas, fait de nous des artistes. photographie de mima
Posté par kelcun à 12:23 - Commentaires [6] - Permalien [#]
17 mars 2010

still life

Si tranquille. Où sont... ? Et soudain l'espace s'est empli de silence. Le vide s'est établi, le vide s'est montré. Il était comme l'air qui occupe notre espace sans qu'on le remarque, et qui passe même à travers nos corpscomme le soleil quand il règne sur les journéescomme la nuit, elle aussi envahissement totalsoudain nous avions les oreilles, le corps, les pensées pénétrésl'espace, tout était noyé de ce vide pleinles mots s'étaient tus. Avais-je même fini ma phrase lorsque c'est arrivé ? Cela était si fort que je restai sans voix,... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 11:28 - Commentaires [5] - Permalien [#]
28 février 2010

matin

Elle enferma la pelote de ficelle dans le bocal, en faisant sortir son extrémité par le trou du couvercle. Elle sentait son ventre rond agréablement lourd. Quelque chose de plus profond en elle était touché, atteint de bien-être. Il allait se lever. Elle remontait, courbe comme un point d'interrogation, lovant sa nuque dans le diaphragme... Il ne saurait plus qu'elle était en lui. Ils s'étaient tétés, étêtés, éblouis et réjouis. Il faisait chaud.
Posté par kelcun à 15:24 - Commentaires [7] - Permalien [#]
27 janvier 2010

une voix

Ce soir il parle d'environnement. Il s'échauffe à des pensées vastes, précises, chaleureuses en ce temps d'hiver. Parler c'est sa façon d'être avec les autres, son travail plaisir, sa création.Il se surprend d'entendre sa voix qui se réduit, sèche un peu, se raidit. Il pense à des branches en hiver, au corps humain, au petit homme qui prend de l'âge... Sa voix va-t-elle entrer en hibernation ? Veut-il ressembler à l'hiver ? Pour se glisser dans l'environnement des autres qui l'écoutent ?Pour se protéger, dans l'immensité ?A d'autres... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 23:29 - Commentaires [7] - Permalien [#]
25 janvier 2010

la captive

Elle embarque le soir.Des livres sont échoués de chaque côté du lit sur un tapis de petit linge, d'écorces de fruits, de restes d'emballages, de paquets entamés. Elle va lire.Elle va se mettre aux fers. Sous ces petits crochets noirs qui vont tenir son corps, ces ribambelles de caractères imprimés de partout sur sa peau, mieux qu'une résille, mieux qu'une méchante caresse qui la tient, enfin, sourde sous la conscience, et la soulage de son angoisse.Dès que le cœur bouge, dessaisi sans qu'elle l'ait senti partir, tout l'équipage... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 23:50 - Commentaires [3] - Permalien [#]

24 janvier 2010

porteuse d'eau

Je t'écris, maintenant, même si ce n'est plus toi qui pourras me lire. Puisqu'il paraît que tu n'es plus.J'ai trouvé ce livre introuvable que tu voulais, secrètement, que je lise. Tu avais le plus de tendresse pour celui-là, un petit livre dans lequel tu avais mis quelque chose de particulièrement intime et douloureux, ce viol que tu m'avais raconté, tu l'avais caché là-dedans, dans ce tendre livre, qu'on ne trouvait plus.Et comme si le temps ne comptait pas — le temps ne compte pas, il seulement raconte — comme déjà quand je te... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 20:12 - Commentaires [5] - Permalien [#]
13 janvier 2010

rien n'est plus pareil

C'est arrivé.La langue française le dit au passé composé. Un composé d'une grande simplicité qui dit l'impact présent du passé.C'est le temps le plus proche de la vie. Comme on sait, c'est à lui, en grande partie, que "L'étranger" doit son succès.Les anglo-saxons l'appellent le parfait présent, ou plutôt le présent parfait – parfait du verbe parfaire, faire en aboutissant – , ou même en font-ils un présent parfait continuant. Tant de génie dans les langues, qui sont notre arme, notre refuge, notre consolation car elles nous... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 16:31 - Commentaires [7] - Permalien [#]
11 janvier 2010

il a neigé

Tout est calme. La fenêtre n'est que langage. Un rêve qui fond. Qui s'enfonce doucement à travers la lumière.Les rêves de la nuit m'ont donné le présent.Les rêves tricotent et fondent ensuite dans les doigts. Le présent ne s'arrête jamais. Certains continuent à porter des pulls tricotés par leur mère ou leur grand-mère. Les oiseaux se font entendre. La neige fond au soleil. Les pensées s'écroulent. Tout est toujours présent.Le présent est toujours tout.
Posté par kelcun à 12:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
06 janvier 2010

la chanson de Morphée

Une femme en manteau roux est apparue ce soir. Fourreau d'or, lune rousse et laine d'alpaga. Des bonnes chaussures. Une piqûre de morphine. Des bras et se faire emporter. S'empoter, se dépoter, selon les saisons. J'ai peur aussi. La peur d'enfant. La beauté de maman. Et la beauté indicible d'une femme. Le fruit. Un fourreau couleur de fruit mûr. L'attente. Comme l'écureuil bondit. L'écureuil bondit de la plume au papier. Les verstes. A marcher. A se faire des cuisses et des genoux. Qui va là ? Rien compris. Ah le temps béni de... [Lire la suite]
Posté par kelcun à 16:31 - Commentaires [1] - Permalien [#]