29 mars 2011

blancheur papier

Je n'écris pas encore mais je prends les feuilles de papier blanc et les pose toutes ensemble, les unes sur les autres, chacune se laissant voir sur le bord de l'autre de sorte qu'un filet d'ombre repose sous chacune d'elles.Mes doigts dans cet instant de tendresse pour le papier ont laissé naître ces lignes fines parallèles contre le bord gauche de ma feuille et c'est comme si j'écrivais surune aile d'oiseau dépliée pour s'offrir à ma trace. Une aile ouverte qui s'articule à ces longues stries orthogonales alignées aussi parfaitement... [Lire la suite]
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17 mars 2011

la danse et la photo donnée

Depuis quelque temps je ne faisais plus de belles photos. Sinon celle des murs et des écorces. Je ne pouvais plus fixer mes amis, mes rencontres, ils s'échappaient, glissaient, se déformaient. Je les voulais, je crois, dansant. Je les voulais danse. Ce sont nos gestes, nos actes, qui savent avant nous ce que nous voulons. Je m'étais acheté une petite caméra, mais dès que je l'ai eu déballée et quelque peu étudiée dans son mode d'emploi, je me suis rendu compte que j'avais perdu les anciennes raisons de l'utiliser. Sans... [Lire la suite]
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15 mars 2011

l'image des choses

Car Wang-Fô aimait l'image des choses, et non les choses elles-mêmes (M. Yourcenar) J'ai effacé tes photos. Je ne t'y retrouvais pas. Elles étaient plutôt belles mais, comme l'un de tes personnages de roman, j'aurais pu leur dire en face : – Tu n'es pas Lydia. Tu n'es pas elle.Ce soir je lis quelques passages de L'Éloge de la plante – c'est temps de gigantesque destruction, mort, malheur qui s'abat au Japon sur l'humanité – ce soir paisible.Ce qui s'envole de ma salive, ce qui s'échappe, flotte au sortir de ma bouche,... [Lire la suite]
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17 juillet 2010

l'interprétation des rêves

L'être humain emporte avec lui son ombre.Son ombre qui la nuit fait du bruit, et du cinéma dans ses rêves, qui le secoue, qui le tente ou le harcèle, qui l'intrigue ou le cajole.Elle forme avec lui un mélange savant, mystérieux, propre à lui-même, et le jour elle lui donne ce relief, cette grâce, ce charme, ce pittoresque inénarrable de tout être humain. dessin : L'Ours - Life in a panel
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11 juillet 2010

ambivalence de la liberté

Sortir de sa nuitpour affronter l'extérieurne plus revenir au nid ? Il y avait cette belle expression dans une chanson de Julien Clerc que j'ai toujours entendue ainsi : en emportant le duvet qu'était son nid un beau matin... Liberté d'être soiinstant de désappartenance – instant d'appartenanceQuitter un espace pour un autrecomme ces oiseaux de Jacques Prévert "quittant un arbre pour un autre"et demeurer C'est à dire être quelque part chez soi échos : Jacques Prévert, Etienne Roda-Gil    ... [Lire la suite]
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19 juin 2010

mélange des genres

Morceaux d'imaginaire abandonnés sur le litmorceaux d'instants captifs de la peinturesouvenir de Georges Braque et de Velasquezpeinture vive comme poésie et par les fenêtres grandes ouvertes entre la pub Francis BaconStudy for Portrait on Folding Bed 1963Tate collection
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14 juin 2010

le temps

Je ne vois plus le temps passer. Le temps passe et je ne fais que passer avec lui.Je suis un morceau de temps. Quoi de plus insaisissable et pourtant je le suis.La structure du temps est faite, pour une part, d'âme humaine.L'observateur fait partie de l'observé. Il n'y a pas d'observation. Je ne vois plus le temps passer. Le temps passe et je ne fais que passer avec lui. C'était ainsi déjà, lorsque j'avais cinq ans, sur les chevaux de bois. Francis Bacon. Autoportrait
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16 mai 2010

mel ange

Il pense à tous ces mots qui volent maintenant, haut dans le ciel, à tous ces mots qui se mélangent,aux martinets qu'il voulait suivre, dans sa jeunesse,et à celui qu'il a libéré aujourd'hui, pas encore mort, dans le recoin de l'escalier, le saisissant par une aile, ce qui l'a fait crier, si fort, d'une voix si aigüe, si paniquée, le temps qu'il ouvre la fenêtre.Il pense à elle qui a écrit, semblant se plaindre d'une grossesse de mots.Il se rappelle le poème : chez lui il tourne, depuis si longtemps, et les bras si chargés... Ah s'il... [Lire la suite]
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12 mai 2010

minimalisme

J'ai laissé ma feuille vierge.L'écriture ne s'est pas déposée. Elle a voleté au-dessus de cette blancheur étale, lisse à la main, au regard.L'écriture avait des ailes blanches. Elle déposait son message en passant, dans l'air, sa respiration accordée à l'instant de bonheur. . . . Paul Klee. Vergesslicher Engel. crayon.1939. Paul-Klee-Stiftung. Bern
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07 mai 2010

frugalité

Le véritable luxe est la frugalité.Ce bonheur comblé en nous.Ce bonheur débordant comme soleil qui s'empare du jourou comme pluie attendue,ce bonheur qui donne à aimer l'homme qui vientla femme qui sourit,tout simplement parce que toute porte est ouverte au poumon qui respire son plein d'air, elle fait de nous des êtres légers et forts, toutes armures tombées à terre, des anges, des bernaches au vol puissant, des Hermès, des cèdres dont les branches dansent au vent sur des musiques de Bach ou de Keith Jarrett.
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