15 juin 2009
Quelque chose m'empêche d'écrire. Est-ce le chant des merles, que j'écoute à satiété cette saison, ou les cerises qui ont été si bonnes, est-ce la rivière dont j'ai éprouvé l'eau sauvage, par bonheur encore abondante malgré l'été qui s'installe ? Est-ce parce que l'écoute et le dialogue poussent et tirent et que je pagaye sur les rapides, et paresse en eau calme dans les méandres ensoleillés ? Est-ce parce que les fleurs sont plus belles que jamais, les enfants à nouveau étonnants comme lorsque je veillais sur eux, est-ce parce que la mort est en eau profonde, colore le fleuve et la mer comme une basse continue à la voix pleine sur laquelle jaillissent les formes du présent ?
Est-ce parce que je suis au monde et lui appartiens pleinement ?
Est-ce pour ne pas écrire qu'aujourd'hui je peins ?
Olivier DEBRE - Longue traversée gris bleu de Loire à la tache verte
Huile sur toile, 180x250, 1976, musée des Beaux-Arts, Tours
Commentaires
Oui, la clef est dans la chute de ton texte:
peindre ce que l'on ne peut écrire ou écrire ce que l'on ne peut peindre...
Excellent début de semaine bien inspiré!
Ce qui empêche d'écrire est peut-être ce qui encourage à parler.
Ce qui empêche d'écrire est peut-être le chant intérieur audible par ceux qui lisent le silence.
merci pour ton passage chez moi..et pour l'adresse du blog de Fès..J'y suis allée et j'en suis ravie.
Pour quelqu'un qui est empêché d'écrire , je trouve que tu t'exprimes avec aisance et un vrai bonheur....
N’est ce pas l’emmagasinage de l’étonnement qui ressource le bouillon de la création et épice sa saveur en d’étranges paraphes ?
Ta vie ou lavis?
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