22 avril 2009
entre-temps
J'ai marché. J'ai avancé et je me suis assis sur le bord de la route, il fallait que je pose mes bagages et que j'ouvre toutes ces boîtes dans lesquelles je garde mes objets de fortune. Je dois les aérer, les recompter ou plutôt les conter comme faisait Perrette et le pot au lait. Ce n'est qu'après que je peux me remettre en chemin. Après qu'ils sont redevenus comme des cailloux et m'ont redonné le sol sur lequel je marche. Alors je suis plus léger mais j'ai encore très très long à parcourir.
Vous m'avez peut-être vu et entendu. Vous vous êtes arrêtés un peu plus loin. Ou vous n'êtes pas passé par là.
Commentaires
Moi aussi
Sur le chemin de Compostelle, ça le fait! :
On ouvre une boite, on rouvre, on recommence, on ouvre encore ... Comme on en a plein des boites, y'en a qui tombent, y'en a qu'on oublie sur le bord de la route; Mais surtout, c'est lourd, c'est lourd, on se déleste pas mal!
C'est marrant,on le voit bien chez les autres quand ils sont en train de farfouiller, de ranger, de rechercher, de caser. On peut pas les aider, tout le monde n'a pas le même sens de l'ordre! Mais c'est pas l'envie qui m'en manquait !
Et puis, à la fin, à Fisterra, à la fin de la terre, on doit brûler ses vêtements,tout,et puis se baigner; l'homme neuf est né, la femme.
Moi, j'ai gardé pas mal de boites. Pour mettre mes trésors. De temps en temps, je les fais briller. J'aime bien.
Si, si, on te voyait, on t'entendait mais surtout on ne voulait pas te déranger dans ta bulle... en tout cas moi, mima!
De retour sur terre? bel envol...
Parfois, les boîtes s'ouvrent dans un grand jardin boisé et fleuri dont on prend soin et qui nous fait cultiver celui plus intime au creux de soi-même.
Gratter la terre, planter, semer, élaguer au cours du cycle des saisons aide à vider les boîtes sans les détruire et éveille le moment présent.
Je ne vous ai pas vu ni entendu, suivi ni croisé, mais nous suivons le même chemin.
Celui qui rend plus léger.
S'arrêter au bord du chemin, regarder, ressentir, s'emplir de la beauté du monde, du parfum du lilas, de la douceur de la brise, de la chaleur d'un rayon de soleil.
Chacun avance à son rythme sur le chemin de la vie, parfois nos pas se croisent, s'éloignent et se retrouvent...ou non.
Dans l'entre-temps le métronome du temps est doublement présent!
Les boites...sont un peu notre
petit jardin secret (ou sucré comme disait ma fille aînée quand elle était petite). Nous les trimballons avec nous des fois sans le savoir!
Mais ce jardin-là, il faut veiller à le cultiver car il recèle une large part de bonheur.
Le cultiver, intensément, avant que nous soyons nous-mêmes mis en boite...
Bonne fin de semaine lumineuse!
En fait qu’est ce que sait l’entre temps, un illusoire tout simplement ou plus populairement la touche d’un terrain de foot ? A-t-il une utilité, si, celle de jouer avec les mots mais rien d’autre ?!
le jeu avec les mots...
c'est bien le principal que nous ayons à notre disposition, tu ne crois pas ?
...un texte fascinant Quelcun...
"Après qu'ils sont redevenus comme des cailloux et m'ont redonné le sol sur lequel je marche"
au plus juste ....c'est finalement la plus juste des expressions que j'aie jamais lue : sortir de ses poches, de son esprit, tout ce que l'on a engrangé, pour s'en faire un chemin...
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