28 septembre 2008

chanson d'automne

Il y a des branches au fond du regard d'un lecteur. Sur elles se posent les oiseaux vigilants, comme ceux de passage, furtifs et impatients, qui se nourrissent très vite d'une couleur, d'une saveur, d'un frémissement. Sur ma branche s'est posée une eau transparente sortie des yeux qu'un texte avait laissés couler comme une chanson d'automne. Elle y reste le temps qu'il faut, si longtemps même qu'elle se fait presque oublier, des heures durant, toute une nuit. Presque oublier du regard mais pas du fond de l'œil, qui l'entonne, la... [Lire la suite]
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21 septembre 2008

l'animal

Nous avons le plus grand mal à sortir de notre bulle. Elle nous colle à la peau, elle est l'enclos indispensable qui nous protège et qui nous donne notre nourriture de relations. L'enveloppe ne se déchire ou ne nous laisse passer au travers que lorsqu'elle y est prête. Si elle est arrachée par accident, par effraction ou parce que quelqu'un s'en est extirpé, la douleur, les dommages sont plus ou moins graves, parfois terribles. La métaphore n'en est plus une, la douleur, les dommages psychiques sont bien réels.Si notre intégrité est... [Lire la suite]
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20 septembre 2008

enclos

Le paysage que l'on traverse est d'une infinie, passagère, insaisissable beauté. La grande vitre du train devant moi m'offre un tableau multiple et continu, peupliers dressés vert sombre, ou clairs, délimitant des hameaux , des champs, des routes, des villages, des collines. Peupliers épars, alignés, vignes, prairies. Tout est empreint de douceur. Avant que le soleil ne vienne envahir ce monde, cette journée. J'ai le temps de ressentir cette douceur qui m'est familière, celle des couleurs claires – des tons pastel, selon l'expression... [Lire la suite]
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07 septembre 2008

phrase

Ces ciels que l'on aime tant peindre, ces plages d'ocre clair que l'on étale sur les toiles, ces surfaces paisibles, en à-plats de couleurs posées par les plus grands peintres, ces horizons que l'on aime tant contempler, ces oiseaux qui s'envolent, ces grands temps de silence où le monde se déploie à nos yeux, devraient me servir de mots d'amour, une fois épuisé, vidé mon sac de je t'aime, me relayer en immensité pour te dire l'amour, sans limite.
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05 septembre 2008

journée-lumière

Hier en fin de journée je marchais dans les rues devenues étrangement belles sur un grand ciel habité, aux couleurs denses, aux formes nuageuses pleines, plus bleutées que noires et la lumière était pourtant limpide, comme une lumière maritime et celle qui se posait sur les murs, sur l'alignement des façades faisait sortir leur beauté simple et bien dessinée, leurs tons pastels et j'avais l'impression vraiment, qu'au bout de chaque avenue -que je connaissais pourtant très bien - il pouvait y avoir la mer, une esplanade en front de... [Lire la suite]
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03 septembre 2008

le vide

Nous sommes tellement vides que nous cultivons la souffrance dans notre jardin. Et pourtant, ce vide serait propice à de grandes floraisons, mais nous ne savons pas laisser germer, laisser éclore et fructifier, nous ne sommes pas des champs, des terrains... Et dire "nous" c'est avouer le vide, c'est appeler les autres à la rescousse quand on ne sait que faire de soi. On se rend malade pour s'occuper, on occupe le terrain. Et ce "on" est bien plus impersonnel encore, il n'y a personne, c'est évident, c'est évidé. ... [Lire la suite]
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