31 mars 2008

installation

Il a plu cette nuit. Dans une flaque du chantier, on voit le monde tout frais du matin, et une radio qui continue de parler (un écrivain, auteur par ailleurs de vies minuscules, parle d'un grand écrivain historien du passé avec un journaliste qui l'interroge courtoisement.) Au fond, c'est la planète des vers grouillants. Ces vers ont des habits noirs, des moustaches taillées ou des serviettes de cuir, des belles voitures ou des belles chaussures, des paroles pointues ou des accents dodus. Ils ont le coeur tendre et le ventre chaud.... [Lire la suite]
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30 mars 2008

Je me souviens – une fois débarrassée cette expression du trop de "me" (c'était long, tout ce blog-notes précédent pour le faire) il resterait comme un "je nous souviens", et c'est là, peut-être, toute la valeur de celui de Georges Perec.Garder ce qui est commun, ce qui est partagé, oublier ce qui n'a pas trouvé la voie de l'autre, ou entendu la voix de l'autre,ce dont il faut nous souvenir et témoigner, c'est d'où nous venons, et non pas qui nous sommes (ce qui n'a ni d'intérêt ni de réalité pour nous).Nous... [Lire la suite]
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28 mars 2008

parenthèse

(Ainsi c'est la pâte même du corps qui est l'enveloppe, point de départ non seulement de nos fantasmes mais de toutes nos pensées et de notre travail. L'enveloppe, la peau, le tarmac de tout ce que nous envoyons et recevons. Le chantier est la transposition d'un corps dont la sensibilité se met à distance, se rend largement sociale.(Ainsi, la pâte même du corps est dans le chantier, visible dans les métaphores du texte, sensible dans le visuel qu'on peut lui adjoindre, dans l'audible, dans les gestes – nécessaires ou non à l'acte de... [Lire la suite]
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28 mars 2008

work in progress

Ce qui traduit chantier de l'Autre, chantier offert à la Lecture, offert à la progression comme à la dégradation par la Lecture aux multiples yeux – comme un plat de nourriture pour des vers, grouillants, mais rassemblés. Rassemblés sur ce même morceau, par ce même morceau : progrès et dégradation.Qui sont les vers ? Un avatar du coucou, qui vient se nourrir dans le nid d'un autre ? Ou des maillons dans la chaîne alimentaire de l'oiseau ? Non, sérieusement, nous sommes fascinés par la nourriture, nous sommes produits de nourriture.... [Lire la suite]
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28 mars 2008

ça passe sans casser

Je l'écoute. Je m'écoute. Je nous écoute sortant de nous ces paroles comme un flot ou comme une bave d'araignée. Ou un fil fragile et sûr que l'on avance au-devant de soi. Non pour en faire un cocon illusoire, c'est une autre métamorphose où nous tendons... C'est au bout d'un dévidage que nous allons.Quelque chose passe par nousqui a déjà fait un long cheminc'est cela que nous balbutions.
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26 mars 2008

Une bouchée pour maman, une bouchée pour papa, une bouchée pour bébé. Est-ce qu'on le dit toujours ? ou était-ce lié à l'après-guerre ? L'enfant qu'on veut nourrir doit-il nourrir le père et la mère, après les privations ? Y a-t-il là-dessous une réminiscence de la peur du coucou, qui soude la famille ? Mais quel est-il cet enfant gavé, cet enfant roi ? un enfant émissaire, à sa façon ? Là où le prendre et le rejeter ne font qu'un, en un mouvement de va-et-vient, là est notre condition, vis à vis de l'autre, quel qu'il soit. Au mieux,... [Lire la suite]
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25 mars 2008

écarts et changement

Je suis tenté de faire des écarts. Je devrais rester dans mon sujet : chantiers de l'Autre. L'Autre fait son lit dans mes chantiers. Je lui apporte à bouffer. C'est comme le coucou. Ce ne sera pas vol au dessus d'un nid de coucou, j'espère ! Pourtant on ne sait pas rester seul (comme dirait Pascal), on n'a de cesse de préparer un nid au coucou. Je voulais faire des écarts du côté des rêves, et du côté de poésie. Côté rêve, un que j'avais fait enfant, à la fois très beau et terrifiant. Un qui avait résisté à tout, à la cure analytique,... [Lire la suite]
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19 mars 2008

Faire une oeuvre d'art muette, un collage de couleurs, de formes, une sculpture, une photographie, quelque chose qui vous parle sans rien dire,c'est débusquer, c'est traquer, c'est interroger le langage qui nous habite, dans lequel on habite, sur lequel on flotte toute son existence comme une barque.C'est jeter un miroir puissant qui fouille cette nuit profonde contre laquelle nous sommes adossés : le langage.Toutes ces couleurs, ces formes, ces gestes, ces évocations ou ces invocations jettent un silence, un blanc fascinant sur nos... [Lire la suite]
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11 mars 2008

résumé des chapitres précédents

D'abord il y eut le premier blog-notes. Je me souviens. Il s'agissait de poésie et de psychanalyse. Passage obligé, donc, voie lactée, voie royale. Du rêve de l'origine à celui du futur. Et puis l'épilogue, la sortie. L'abandon, comme lors d'une mue. Ou l'or d'une mue – la jouissance.Trésor, où es-tu ? m'enquérais-je donc en ouvrant cet autre blog-notes (disparu ? mais non ! prêt à revenir sous forme féminine...) trois petits points pour dire qu'elle ne vient jamais quand on l'appelle. Et pour cause ! Si elle revenait ce serait à... [Lire la suite]
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06 mars 2008

clarté

En même temps la nuit s'élargit, emplit la maison, comme si je ne pouvais rien faire de cette clarté que de la remettre à l'envahisseur nocturne.Rien d'autre que de prendre ensemble la nuit et le jour. Et je pense à mon amie portant son obscur comme le père perdu, comme un enfant. Ensemble, comme les deux yeux, me dit la couverture d'un livre posé sur le bureau.
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